Cirdan Milüy Rêveur


Messages: 28 Date d'inscription: 29/07/2010 Age: 26
Toi et Ton Dragon Nom du Dragon: Kaylith Pouvoir: Boule de foudre, décharghe éléctrique Type: Foudre (électicité)
 | Sujet: Cirdan et Kaylith Ven 13 Aoû - 18:55 | |
| Journal de vie de Cirdan, Jour 1
Partie 1
Je suis née il y a seize années de cela. Aujourd'hui, c'est mon anniversaire. Mes parents m'ont offert ce carnet sur lequel ils pensent que je vais griffonner des dessins sans intérêt. Je préfère commencer un journal intime et y poser mes réflexions, mes sentiments, mes aventures. Mes parents n'ont jamais vraiment fait attention à moi. Et pour cause, je suis une fille. Ils voulaient un garçon qui fasse leur fierté. Ils m'ont appelé Cirdan. C'est bien un prénom de garçon, tu peux me croire. Mais s'il n'y avait que cela. J'ai cette particularité d'être muette. Je n'ai jamais parlé. Ce n'est pas facile tous les jours, mais cela ne me manque pas. Je m'en accommode parfaitement et mon entourage aussi. Ils peuvent raconter tout ce qu'ils veulent, ils savent que je ne vais pas aller le répéter. Ma mère n'a jamais pu me regarder dans les yeux, ou si rarement. J'en ignore la raison. C'est peut-être à cause de mes cheveux. Ils sont aussi rouge que le soleil couchant certains soirs. Je les aime. Peut-être parce que ma mère les déteste. Va savoir.
Aujourd'hui est un jour différent. Je ne sais pas encore pourquoi mais je le ressens. J'ai l'impression d'être plus proche des gens que je ne l'ai été toutes ces années. Et pourtant, je les hais autant qu'ils m'ignorent. La vie est étrange, tu ne trouves pas ? On se réveille un matin, et on sait que cette journée sera différente. Pour le moment, elle est en tout point identique à toutes les autres. Si ce n'est cette sensation étrange.
Ah oui, encore une chose. Je n'ai pas de frère ni de soeur. Ma mère n'a jamais pu retomber enceinte après moi. Va savoir pourquoi. Ou alors est-ce parce qu'elle a été si déçue par moi ? Non, je ne me rejette pas la faute. Je n'ai rien demandé à personne. Je n'ai pas demandé à être là, moi. Ils pouvaient bien s'en passer. Surtout quand on ne peut pas dire aux gens ce qu'on pense avec des mots qui blessent.
Bon, je vais aller faire un tour, je t'emmène avec moi. On verra bien ce qui se passera. Souvenirs de Kaylith, Jour 1
Partie 1
Cela fait si longtemps que je suis enfermé dans cette coquille que je ne me souviens même plus de mes géniteurs. Ils doivent être parties, ils m'ont abandonné. Qui sait. Nous sommes différents des autres espèces d'animaux. Nous sommes doués d'une conscience, de réflexion, un peu comme les humains mais, bien plus développée, avouons-le. Bref. J'ignore encore aujourd'hui la raison qui a poussé mes parents à laisser mon oeuf seul, sans surveillance, sans la chaleur du corps maternelle de ma dragonne de mère. Une attaque, une trahison ? Je ne le saurais peut-être jamais. Il y a presque cinq cents ans que j'attends au chaud dans mon oeuf. Cela commence à faire long. Je m'ennuie. Cependant, j'ai comme l'impression qu'aujourd'hui, tout va changer. Je commence à avoir froid. Depuis quelques jours, la clarté se fait plus vive, il n'y a plus de bruits, plus les mêmes en tout cas. J'ai mal. Je me sens affaibli. La lumière devient de plus en plus claire, aveuglante presque. Lorsque j'ai l'impression de ne plus pouvoir la supporter, qu'elle me brûle les paupières, une ombre vient alors apaiser ma peine, et une douce chaleur me réconforter... Journal de vie de Cirdan, Jour 1
Partie 2
Je savais bien que ce jour était différent. J'ai trouvé un oeuf ce midi. J'ignore encore de quel animal, mais il est curieux. Et je sens que je dois en prendre soin. La coquille est brisée en plusieurs endroits. Si le petit n'est pas mort, ce sera un miracle. L'oeuf est ovale, presque aussi gros qu'une tête de chèvre, dur comme la pierre, mais je n'ai pas osé trop taper dessus pour tester sa résistance. Ça doit faire un boucan du tonnerre là-dedans. Il a une couleur étrange, violet moucheté de jaune doré. Je le trouve magnifique même avec ses fissures tout autour. Je l'ai enveloppé dans ma couverture et je l'ai posé sur mon lit. Je sais que de toute façon, personne ne rentre jamais dans ma chambre, je suis donc tranquille. Je l'ai regardé pendant des heures, sans bougé, sans faire un bruit. J'ai trouvé que sa coquille était trop froide, alors je me suis enroulée autour de lui, un peu comme le ferait un oiseau pour couver sa nichée et je me suis endormie pour la nuit. Au levé du jour, alors que je me réveillais à peine, l'oeuf à bougé. Souvenirs de Kaylith, Jour 1
Partie 2
Je suis balloté depuis un long moment. Les ombres et la lumière ne cessent de se faire la guerre, de même que le froid et la chaleur. J'ai de plus en plus mal, mais pour une raison que j'ignorai encore, je n'ai pas peur, j'ai même confiance. Soudain, tout s'arrête. Il y a quelqu'un ou quelque chose qui me regarde et me surveille. Je recommence à trembloter de froid. Mais cette fois, pas longtemps. La lumière à disparu, la chaleur m'a envahi et je m'endors, apaisé. Je me réveille sans doute plusieurs heures plus tard et je veux savoir ce qui se passe. Je commence à manquer d'air, j'ai envie de savoir où je suis, ce qui se passe, qui est là, à côté de moi. Je suis poussé par cet instinct qui fait que nous, dragons, avons envie de découvrir le monde. Alors je m'agite dans mon enveloppe, je tape du museau contre la paroi, je griffe la coquille aussi fort que je peux... mais je suis trop fatigué, essoufflé. Journal de vie de Cirdan, Jour 2
Je me suis levée d'un bond en sentant l'oeuf remué dans mes bras. J'étais engourdie de ne pas avoir bougé de la nuit. Mais j'étais fascinée par ce qui était en train de se passer : l'oeuf allait éclore. Quelle créature en sortirai ? Un oiseau ? Un lézard ? Une tortue ? Que neni ! J'ai vu des griffes, et un diamant qui tentaient de percer la coquille, puis plus rien. Plus un bruit, plus un remous. Le petit devait être faible. Alors je me suis rapprochée et je l'ai aidé. J'ai ôté les morceaux de coquilles qui se détachaient déjà et les ai mis de côté. J'ai continué jusqu'à découvrir ce que renfermait mon oeuf : un dragon. Un tout petit dragon violet, à ventre jaune. Il était minuscule, bien trop petit. C'était anormal. Il ne bougeait presque pas, il ouvrait à peine les paupières. Ses ailes pendaient sur le côté de mes mains lorsque je le pris pour m'assurer qu'il était encore en vie. Soudain, il du se rendre compte qu'il était à l'air libre, car il se redressa, me regarda et poussa un puissant grognement en me griffant au passage. Je le reposai délicatement sur le lit et me reculai d'un pas. Nous allions devoir apprendre à nous connaître. J'eus un sourire. Il était splendide et c'était mon dragon. J'allais devenir dragonnier. Ma vie allait changer.
*Je n'ai pas peur de toi.* Pensai-je. Et je sursautai. J'avais entendu clairement ma voix, dans ma tête, comme si je l'avais dite à haute voix. Elle était grave et belle, presque envoûtante. Le dragonnet avait tourné sa petite tête vers moi, et me défiait du regard. Il se remit à grogner et à crier dans ma direction. On aurait dit un chat. Il titubait sur ses quatre pattes dans ma direction, tentant de me faire peur. En riant (silencieusement), je me rapprochai de lui un peu plus et tendis la main pour toucher son museau. Il sursauta et fit un bond en arrière.
*Tu me fais pas peur non plus !* Dit-il de sa voix minuscule à mon attention. De nouveau je fus surprise. Je ne m'étais pas attendu à ce qu'il entende mes pensées. Pas aussi rapidement. Je me rapprochai de nouveau et m'assis sur le bord du lit, à côté de lui, les mains sur mes genoux.
*Je m'appelle Cirdan. Je suis une humaine.*
*Je sais qui tu es. Cela fait cinq siècles que je t'attends. Je suis Kaylith. Et je suis un dragon.*
Je tournai la tête vers lui et lui sourit. Il tituba sur ses pattes et retomba presque inconscient sur le lit. Paniquée, je lui demandai ce qui lui arrivait. Il me répondit faiblement qu'il avait faim, qu'il ne se sentait pas bien. Sa coquille était fêlée depuis trop longtemps. Je m'empressai d'aller lui chercher quelque mulots dans la grange et un peu d'eau pour qu'il reprenne des forces. Ma mère n'avait même pas remarqué mon absence au dîner la veille. Tant mieux. Elle était partie au marché. Je déposai la nourriture devant Kaylith et l'aidai à se rassasier. Nous avons discuté un peu, puis il s'est endormi, sur mes genoux. Nous étions amis. Souvenirs de kaylith, Jour 2
On m'extirpe de ma coquille avec force et fracas, mais au moins, je suis à l'air libre, je peux respirer. La lumière est aveuglante. Il y a une odeur étrange. Une odeur que je reconnaitrai entre mille plus tard et que j'adorerai plus que tout. Mais sur l'instant, je panique. Je me redresse et la regarde. Cirdan. Son nom est comme une évidence. Mais c'est une fille. Cirdan était le nom de mon père, c'est étrange. Je ne le lui ai jamais dit d'ailleurs. Bref, sur le coup, je suis surpris. J'entends toutes ses pensées, ressens toutes ses émotions. Un feu bouillonne à l'intérieur de sa tête comme si elle avait contenu toute sa rage jusqu'à maintenant et m'envahissait à mon tour. Alors, je ne trouve qu'une solution pour remédier au problème : je cris aussi fort que je le peux. Bien des années après cela, mes cris et mes grognements deviendraient la voix de Cirdan. Mais sur l'instant, ce n'est qu'un feulement de chat et cela m'en-rage encore plus. Apparemment, pas Cirdan. Elle revient à la charge plusieurs fois avec ses doigts fins, cherchant à me toucher, curieuse de mes réactions. Et puis j'entends sa voix dans ma tête. Je suis sous le charme et un peu amusé des premiers mots qu'elle prononce à mon attention. Du moins, ses premières pensées. Mes je les entends aussi clairement que des mots prononcés. Cela ne devrait pas se passer ainsi. Tout dragon né avec la mémoire de ses ancêtres et une mémoire instinctive, certes. Lorsque nous éclosons face à notre dragonnier, nous savons d'instinct comment nous comporter, quoi faire, quoi dire. Notre nom et celui de notre dragonnier nous viennent en tête comme une évidence. Cependant, avec Cirdan, tout est différent. Malgré le chaos de son esprit, ses pensées prononcées sont aussi claires que des mots dits à haute voix. Je ne sais pas encore ce que cela signifie. Elle vient alors s'asseoir près de moi. J'ai faim. Après qu'elle m'ait rapporté de quoi manger, je suis trop fatigué pour lutter. Et puis, après tout, elle sera mon dragonnier, ma moitié jusqu'à la fin de sa vie ou de la mienne alors, pourquoi pas maintenant ? J'ai mal. Elle seule pourra m'apporter tout le bien dont j'ai besoin. Je m'approche d'elle, je grimpe sur ses genoux (oui, je suis encore trop petit), et je me cale là, au creux de son coude et je me love comme un chaton. Je suis bien. Son corps chaud apaise ma douleur et mes doutes. Je m'endors. Je l'aime déjà. |
|